01112012 - live audiovisuel – 50’ – 2017

 

Richard Francés et Konpyuta proposent un live intense et méditatif, où s’élabore une esthétique du larsen, entre vides et résonances hypnotiques.

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Des arpèges et des nappes sont joués via des synthétiseurs ; ils sont ensuite envoyés dans un magnétophone à bandes qui enregistre et restitue le son en temps réel. Cette machine, initialement destinée à l’enregistrement, est détournée en instrument générateur d’effets sonores. Dans ce même esprit, un tuyau transformé en instrument à vent produit, en fonction de l’intensité du souffle, des oscillations sonores singulières, à la fois primitives et futuristes. Au fil des performances, la manipulation répétée de la même bande magnétique provoque une dégradation de sa surface ; en somme il s’agit d’un matériau sonore unique et vivant. Cette altération du support s’inscrit dans la lignée des travaux de William Basinski avec son oeuvre The Disintegration Loops.

 

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Par l’effet d’écho le signal brut et grave s’arrache de sa pesanteur première pour se diluer en un son éthéré. De plus, la superposition du son originel et du son modifié dessine un paysage sonore fluctuant entre onirisme et naturalisme, entre apesanteur et gravité. Des vagues de motifs graphiques successifs se déploient, à la façon d’un ressac, et plongent le spectateur dans une matière mouvante et hypnotique. Au sein de ce continuum plastique qui incite à la contemplation, surgissent des images figuratives ; le réel réapparaît de temps à autre, signe familier au sein d’un territoire déconcertant dans lequel on pourrait se perdre. Des moments de silence / de noir rythment la performance et créent des respirations, des vides propices au recueillement.

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DATES :

7/10/17 @ Nuit Blanche 2017, Le 100 E.C.S., Paris

18/10/17 @ Serendip Festival, La Gare XP, Paris

05/05/18 @ Quasi Stellar Objects, Le 100 E.C.S., Paris

 

 

image : Konpyuta

son : Richard Francés

contact : konpyutafrances@gmail.com

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Les samples sont la matière première visuelle du live ; ils ont deux origines différentes : d’une part, des prises de vues réelles du corps, de la nature, d’objets, de matières, et d’autre part, des motifs abstraits générés par le biais d’un synthétiseur vidéo. Cette matière visuelle est organisée en live dans un logiciel de vjing qui permet la construction d’une continuité grâce à l’alternance de boucles. Via un convertisseur de signal qui les traduit du numérique à l’analogique, elles sont envoyées dans le synthétiseur qui les colore et les altère.

C’est grâce au travail sur le larsen qu’une synergie entre image et son se crée, qu’une esthétique commune se dessine, entre contrôle et lâcher-prise. L’usage inhabituel de l’enregistreur fait exister un décalage temporel entre le son originellement émis et l’écho rediffusé, dessinant un large spectre entre source et larsen. Lorsqu’il n’y a aucune source sonore à son origine, le feedback peut prendre la forme d’un drone allant des basses aux hautes fréquences. A l’image, le synthétiseur modulaire est utilisé comme source. Il génère des formes graphiques, envoyées au logiciel de vjing, puis renvoyées dans ce même synthétiseur, ce qui crée aussi un aller-retour de signal.

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